Resident Evil, God of War, Metal Gear
Solid, Devil May Cry, Rayman, etc... Des séries que, comme beaucoup
de joueurs, j'affectionne énormément. Cependant, certaines séries
m'ont toujours incité à la méfiance, voire à la répulsion. Gears of
War, Call of Duty, Assassin's Creed et d'autres sont mes cibles
favorites quand je dois parler de manque d'imagination, de
casualisation, de solo bâclé, d'esthétisme inexistant ou de
communauté de merde. Mais un jour où je ne m'y attendais pas, je
rentre chez moi, et ma copine me tend la version GOTY de Assassin's
Creed 2, c'est à dire les deux premiers épisodes sur un seul
disque. "Tiens, je t'ai acheté Assassin's Creed" qu'elle me dit
avec un grand sourire, parce qu'elle savait pertinemment que je
n'aimais pas cette saga. En fait, elle voulait juste voir à quoi
ressemblait un Assassin's Creed. Me voilà donc malgré moi à jouer
au premier épisode d'Assassin's Creed. Et tandis que je jouais, je
me rendais compte que j'aurais mieux
fait de me péter un bras plutôt que de jouer à Kévin's
Game.
Pas par-là ! Tu vois pas le mur bleu ?!
Comment décrire mes premiers pas dans Assassin's Creed ? En fait, ce qui ressort dès le départ, c'est le sentiment d'emprisonnement. Toutes nos actions dépendent d'un script bien précis, d'un couloir bordé de murs invisibles, de cutscenes en temps réel aussi chiantes que dans Half-Life avec une mise en scène pire que dans Half-Life.
Ce qui est d'ailleurs un comble pour un jeu qui se veut
open-world avec quêtes secondaires, libertés et durée de vie
conséquente. Mais Assassin's Creed se veut bien plus qu'un jeu
open-world. En effet, on sent que le jeu
veut se la jouer infiltration, mais
aussi action, avec des combats haletants, et également film
interactif en se prenant pour un docu-fiction sur le thème des
Templiers.
Sur papier, le mélange des genres est très alléchant, sauf qu'en voulant en faire trop, on finit par se viander à tous les niveaux. Comme m'a dit mon prof d'éco quand j'étais au lycée quand il m'a rendu une dissertation ratée "je vous ai demandé de faire une maison, mais vous avez voulu faire un palais. Sauf que vous n'y êtes pas arrivé et vous m'avez rendu une cabane". En gros, si Assassin's Creed n'avait pas voulu bouffer à tous les rateliers, le gameplay aurait certainement été plus réussi, un peu à la manière de Resident Evil 6 qui a voulu contenter tout le monde et qui au final ne contente personne.
Du coup, la sensation de liberté s'en
trouve amputée et on se trouve souvent confronté à de vieux murs
bleus délimitant la zone d'exploration. Pour un jeu qui se veut
réaliste, j'ai envie de dire, paye ton réalisme ! Bref,
le jeu tient la main du joueur du début à la fin et ceux
qui veulent sortir
du chemin tracé par le scénario
devront faire face à un vide intersidéral. Il n'y a rien à
faire d'autre que de suivre le scénar' initial. Dans le style monde
ouvert, Jak 2 : Hors-la-loi se montrait plus complet et
captivant.
Licence to kill...and kill again...
Bon, le concept principal d'Assassin's Creed, c'est quoi ? Tout simplement, les bases de l'infiltration : on se faufile au nez et à la barbe de gardes qui veulent notre mort jusqu'à un objectif, dans le cas d'Assassin's Creed, jusqu'à la prochaine victime. De l'infiltration dans un monde ouvert, pourquoi pas ? Sauf que là, ben ça marche pas.
Outre la casualisation du titre
qui se veut aussi facile d'accès que possible, notons la profonde
débilité des ennemis qui sont vites paumés quand il s'agit de nous
retrouver. Une fois repéré, il suffit de cond
uire Altaïr dans une des
nombreuses planques pour échapper à l'IA handicapée du jeu. Pire
encore, les ennemis ne sont pas dangereux pour deux sous !
Non seulement Altaïr est cheaté
par-rapport à ses adversaires, mais en plus ils se contentent
d'attaquer un par un ! Une regression depuis la Ps1.
Imaginez un peu que vous soyez repéré, deux choix s'offrent à vous,
soit vous fuyez et perdez du temps, soit vous butez les ennemis et
ce en moins d'une minute. Il faudrait
être débile pour fuir devant un groupe d'huîtres armées de
cures-dents !
Donc que reste-t-il de l'infiltration dans ce jeu ? Du vent. On passe son temps à empaler des gardes (et des civils, pour pousser le je-m'en-foutisme jusqu'au bout) sans redouter de déclencher une alerte. Voilà donc la figure du tueur infiltré chez Ubisoft Montréal. Heureusement, le ridicule ne tue pas.
Les enquêtes imp... inutiles.
Avec un monde ouvert plutôt réduit et
des ennemis aussi menaçant que des plots de chantier, les missions
risquaient de se terminer en trois coups de cuillère à pot.
Heureusement, les quêtes secondaires sont là ! Appelées enquêtes,
elles sont censées aider le joueur à
en savoir plus sur sa prochaine cible, sa localisation, son point
faible, la stratégie à adopter, etc... C'est bien beau, sauf que ça
sert à rien !
J'ai personnellement terminé toutes les enquêtes du jeu, mais je n'ai jamais suivi leurs conseils une seule fois. En fait, je réalisais les meurtres dans le chaos le plus total, mais ça ne m'a jamais mis dans une situation dangereuse. Piece of cake ! Donc finalement, il suffit de faire le minimum syndical demandé par le glandu qui sert d'informateur mais qui vous demande systématiquement d'aller chercher pour lui les informations qu'il va vous révéler. Pas très organisés les assassins à l'époque.
Bon, à part ça, ces enquêtes sont d'une répétitivité affligeante
puisque leur nombre est assez réduit et qu'on les retrouve d'un
chapitre à un autre. Ces missions se résument à trouver un
gus qui donne des infos à l'intérêt douteux, à jouer les
pick-pockets, à écouter des gens parler en posant tranquillou son
cul sur un banc et d'autres trucs très difficiles du même
genre.
Ce n'est pas fun une seule seconde et il n'y a rien de plus emmerdant dans un jeu vidéo que de se faire chier pour rien. Ce qui remet grandement en question l'intérêt ludique du soft.
Et
si on ne mettait qu'un seul bouton à la manette
?
Comme vous avez dû le remarquer, ce qui caractérise le plus Assassin's Creed, c'est l'inexistence de difficulté, flinguant ainsi toute tentative d'originalité dans le gameplay. Mais je crois que la palme revient à la plateforme. J'avais pesté sur les phases de pateforme d'Uncharted pour leur trop grande facilité, mais je ne pensais pas trouver pire !
Dans Assassin's
Creed, pas besoin d'appuyer sur le moindre bouton, on se contente
de pousser le stick directionnel en avant et Altaïr monte tout
seul. Alors oui, c'est plutôt intuitif, d'ailleurs on ne
peut pas faire plus intuitif (ou alors avec un QTE qui nous
téléporte directement au s
ommet peut-être),
mais par contre ça sollicite pas beaucoup les neurones du joueur.
Aucune dextérité n'est nécessaire, aucun réflexe, rien.
Assassin's Creed ou le premier
simulateur de mort cérébrale. Je pensais pas que la
casualisation pouvait faire autant de mal à un jeu, mais je vois
qu'une fois encore, je m'étais trompé. D'ailleurs, essayer de faire
autre chose que de pousser le stick en avant est le meilleur moyen
de tomber de la paroi que vous escaladiez.
Heureusement, Altaïr est aussi costaud qu'Iron Man et les chutes ne lui font pas peur. Je n'ai pour ainsi dire jamais fait de chute mortelle, tout au plus, Altaïr perd beaucoup de vie, mais vu comme il se remet à galoper 10 secondes après, il doit le prendre relativement bien.
Bon j'avoue, y a un truc bien, ce sont les sauts de la foi, c'est rigolo et ça fait son petit effet même au bout de la dixième fois. Cependant, c'est encore une grosse incohérence que de pouvoir faire une chute de 100 mètres de haut et de tomber dans une botte de foin sans s'éclater violemment sur le sol (et sans être vu !). Mais c'est marrant quand même.
T'as
vu le panorama ? Nan pas le mur bleu, à côté
!
Heureusement, s'il y a bien un critère rempli
assez efficacement par Assassin's Creed, c'est celui des
graphsimes. Aussi bien techniquement
qu'esthétiquement, le titre s'en sort plutôt bien avec deux
villes dans le style Moyen-Orient et une dans un style plus
occidental. Vu d'en bas, c'est p
lutôt joli, et vu
d'en haut, par exemple sur le plus haut clocher de la ville, c'est
carrément à tomber. Rien de très
original toutefois, ce n'est qu'une reconstitution limitée de
l'architecture des villes de l'époque, mais c'est suffisant pour caresser les rétines dans le
sens du poil. Mention spéciale aux rues qui ont vraiment
l'air vivantes malgré le peu de modèles d'habitants proposés par le
jeu.
Malheureusement, tout a un prix et Assassin's Creed, comme tout jeu open-world, est truffé de bugs plus ou moins graves, allant du simple bug de collision au passages au travers d'un mur, en passant par les animations qui partent en sucette sans raison. Mais je ne suis pas de mauvaise foi (ou pas) et je dois reconnaître qu'on ne les rencontre pas tout le temps et que la plupart du temps, le gameplay n'est pas gêné par les bugs.
Au niveau du character design ça pêche un peu puisque seul Altaïr a bénéficié d'un travail soigné, les autres personnages sont assez quelconques.
Finalement, Assassin's Creed s'en sort relativement bien en ce qui concerne les graphismes, c'est soigné, bien architecturé, vivant et esthétiquement intéressant.
C'est alors que je vis passer un Templier sur son Nimbus 2000...
Des incohérences, on en trouve dans tous les scénarios. Que ce soit dans les films, dans les romans, dans les séries ou dans les jeux vidéo. C'est inévitable et ça peut même donner un certain cachet dans une histoire quand c'est maîtrisé. Mais Assassin's Creed ne maîtrise pas du tout, il part droit dans le mur dès les premières minutes de jeu. En même temps, quelle idée de baser l'histoire sur une putain d'incohérence ?!
Oui, l'animus est la pire idée de
scénario que j'ai vu de ma vie ! Bon, on peut faire ce qu'on
veut avec un jeu vidéo, mais faut quand même penser que quand on
insère un élément scénaristique, il faut que ça colle
avec le contexte. Il aurait été tellement
plus simple de dire au joueur "Voilà, le héros c'est Altaïr". Mais
non, c'est trop simple ! En fait le héros c'est Desmond, un pauvre
type complètement inutile qui se voit enlevé par des descendants des templiers qui
veulent lire ses séquences ADN pour retrouver les souvenirs de ses
ancêtres... Misère...
Dans un monde parallèle, tout est possible, mais pourquoi avoir pris notre monde tel qu'il est dans la réalité comme contexte ? Du coup, il suffit de réfléchir 10 secondes pour comprendre que ça ne tient pas debout une seule seconde. Et encore, si c'était de l'humour, une sorte d'auto-dérision à la japonaise où les incohérences sont un peu la personnalité de l'histoire, je pourrais comprendre. Mais là on touche à un gros problème d'Assassin's Creed : ce jeu se prend bien trop au sérieux.
Dans la plupart des jeux japonais,
l'humour est omniprésent, on se
tape pas forcément des barres, mais ça fait plaisir d'au moins
esquisser un sourire. Le jeu vidéo
occidental préfère se la jouer mature,
adulte et croit que les gens qui veulent se la
jouer adulte ne rient plus et
préfèrent faire la gueule devant leur écran. Pas une seule fois je n'ai souri devant
Assassin's Creed. C'est malheureux, mais après faut pas se plaindre
que les gens se suicident si les exemples à suivre ce sont de gros
meurtriers dépressifs et trodark. Personnellement, ma devise
restera "Let's rock, baby", ça au moins ça envoie du steak
!
Tiens mange ta purée, j'ai mis de la merde dedans !
Voilà, ça fait mal, mais c'était nécessaire. Donc finalement, que retenir de cet Assassin's Creed ? Est-ce le chef-d'oeuvre décrit par les critiques et les pseudo-gamers ? Absolument pas ! On est à mille lieues de ce qu'on peut attendre d'un jeu vidéo, ne serait-ce qu'en terme de fun. Mais est-ce une bouse infâme et tellement puante qu'elle ferait fuir un troupeau de camions ? Non plus.
En
fait, Assassin's Creed est simplement
un jeu plein de bonnes idées foutues en l'air par un manque
d'ambition provoqué par l'objectif de casualisation recherché par
les développeurs. Il y a énormément d'éléments de gameplay,
le jeu est multi-facettes et avait pour principe de plaire aux
casuals et aux gamers.
Idée fort louable,
mais la casualisation a eu raison du gameplay. Comme dit Pixel
Critic (podcasteur injustement inconnu), vous pouvez créer le système de jeu le plus
complexe qu'il soit, si vous ne forcez pas les joueurs à étudier ce
système et à l'utiliser dans son intégralité, il va prendre des
raccourcis et délaissera le reste. Pourquoi j'utiliserais la
lame courte quand je peux défoncer tous les ennemis avec l'épée de
base de la même manière ? Pourquoi j'irais m'assoir sur un banc
pour me dissimuler alors que je peux tuer tous mes poursuivants et
gagner du temps ?
Assassin's Creed, à trop vouloir assister le joueur, a fini par scier la branche sur laquelle il était assis. Le gameplay ne tient plus debout, et restent alors de beaux graphismes, des environnements ouverts suffisamment grands et des rues vivantes et animées. C'est toujours ça de gagné.
Les +
- Techniquement réussi
- Une prise en main immédiate
- Souplesse plutôt agréable
- Héros silencieux (donc pas trop lourd)
- Les sauts de l'ange
- Des villes style Moyen-Orient assez jolies
- Monde ouvert suffisamment étendu
- De nombreuses armes
- Des rues qui paraissent vivantes
Les -
- Scénario inutile et incohérent
- Le personnage de Desmond
- Aucun challenge
- IA déplorable
- Répétitivité de l'action et des missions
- Enquêtes inutiles
- Action assez molle
- Assez court
- De nombreux bugs
Verdict :
10/20