Vous avez dû le remarquer,
la mode est à la désacralisation et
quoi de plus sacré dans la culture vidéoludique que le jeu vidéo
japonais ? Donc les sites spécialisés en ce moment font dans
la surenchère pour dire à quel point le jeu vidéo japonais va mal,
à quel point il est en retard, etc... Ben moi ils me font chier ces
sites ! Je suis un fervent défenseur du jeu vidéo jap' et j'en ai
marre d'entendre ce genre de conneries ! Mais je crois que ce qui
m'énerve le plus...c'est qu'il y a du vrai dans ces propos.
Oui, le jeu vidéo jap' traverse une
mauvaise passe, et ce ne sont pas des jeux comme Resident Evil 6
qui vont nous prouver le contraire. Alors ça me fait mal
d'en parler, mais pour une fois, je vais céder à la mode et je vais
me lancer dans un dossier spécial sur ce thème.
Cependant, je n'aime pas faire du copié-collé et je m'engage à parler du jeu vidéo japonais sans parler de leurs anciennes productions ni des RPG, ou à la rigueur seulement en les évoquant. Je peux vous garantir que ça ne sera pas facile, mais les japonais ont tellement plus à offrir que des RPG. Et puis il est inutile de se ressasser le bon vieux temps, il faut penser le problème au présent pour mieux le comprendre et l'analyser objectivement.
Le jeu vidéo japonais va mal, certes, mais certains l'enterrent déjà. Je vois là une erreur d'appréciation assez flagrante de gens intoxiqués par le marketing agressif des productions occidentales et par une presse sans valeurs ni considérations morales. Effectivement, la tendance est aux FPS/TPS et aux jeux scriptés et photoréalistes, mais les gens ne jouent-ils réellement qu'à ça, et surtout, les japonais sont-ils capables de se remettre en question et de proposer des expériences adaptées au marché actuel ? En bref, doit-on condamner dès aujourd'hui au trépas les productions vidéoludiques nippones ? C'est la question à laquelle je vais tenter de répondre dans ce dossier.
Malchances, nouvelles tendances et obstination : histoire d'un suicide collectif.
Le Japon est un pays malchanceux.
Victime des aléas de la nature, étranglé par un déficit économique
gigantesque, dépendant des Etats-Unis (pas de ressources
énergétiques par exemple), victime d'un vieillissement de la
population, il est en outre un archipel morcelé en une centaine de
petites îles et reste en grande partie inhabitable à cause de
chaînes montagneuses. Mais les Japonais, quoi qu'il arrive, gardent
la tête haute, et préfèrent penser à l'avenir plutôt à ce qu'ils
risquent de perdre ou à ce qu'ils ont déjà perdu. Le Japon est un peuple à la fois fier et humble,
moderne et traditionnel, paisible mais prévoyant. Pourtant,
une de leur fièreté nationale est en train de leur filer entre les
doigts.
Dans la culture populaire occidentale,
le Japon, c'est le pays des sushis, des mangas et des jeux vidéo
(et du karoshi, mais ça c'est une autre histoire). Mais voilà,
depuis la sortie poussive de la Ps3,
les éditeurs et développeurs de jeux vidéo japonais ont du mal à
suivre le rythme imposé désormais par l'industrie vidéoludique
occidentale, notamment américaine. Console mal exploitée, la
Playstation 3 est pourtant plus puissante que son homologue XboX360
et a un meilleur catalogue d'exclusivités (Uncharted, Resistance,
Killzone, Metal Gear Solid 4, God of War 3, etc...).
Malheureusement, elle est arrivée après la machine de Microsoft qui
était déjà fortement implantée, surtout aux USA. Démarrage
difficile de la console, déboires économiques pour Sony, rien ne va
plus et cette nouvelle génération de console sonne comme un
avertissement : messieurs les Japonais, vous n'êtes plus seuls dans
la compétition. Il s'agit maintenant d'agir en conséquence.
Certains ont décidé d'amorcer un virage
spectaculaire en changeant carrément de cap afin de toucher un
autre public. C'est le cas de Nintendo, avec la Wii, qui est
devenue une console familiale au catalogue de jeux dédiés aux
gamers assez maigre. Cependant, la Wii se vent très bien, les
exclusivités Nintendo comme Mario et Zelda continuent à faire du
chiffre et finalement, la Wii est un
franc succès. La problématique de ce dossier exclue donc
partiellement Nintendo, dont nous reparlerons certainement
plus tard.
Mais alors de quoi parlait Inafune
(ancien de chez Capcom) dans sa conférence quand il disait que le
jeu vidéo japonais était terminé ? En fait, il ne visait personne
en particulier, plutôt une mentalité nationale. Les Japonais sont
bornés. Oui, les Japonais sont accrochés à de vieilles valeurs et à
un passé où ils régnaient en maîtres sur l'art vidéoludique.
Effectivement, ça ne leur ressemble pas, mais c'est pourtant le
cas. Les développeurs s'obstinent à
bouder les codes des jeux occidentaux qui possèdent pourtant moult
qualités, notamment d'utiliser de manière optimale la
technologie d'aujourd'hui. Bien entendu, il convient de relativiser
ce constat (encore une fois, on y reviendra), mais il reste
néanmoins constatable aux vues des différentes productions qu'on
nous sert aujourd'hui.
Il suffit de regarder certaines licences
s'effonder lentement dans une terrible agonie, à commencer
par Silent Hill, qui part
clairement en sucette depuis Silent Hill 4 : The Room. S'en suit
Pro Evolution Soccer (oui je
sais, PES) qui se fait piétiner par Fifa, Final Fantasy qui devient une sorte de
stéréotype de jeu japonais (avec QTE inclus histoire de faire
encore un peu plus casual), voire même Devil May Cry qui a subit un reboot à la
sauce occidentale assez controversé.
Le problème parait simple à régler :
calquer les jeux japonais sur les jeux occidentaux et le tour est
joué. Sauf qu'un dilemme vient casser cette logique cartésienne :
le charme du jeu nippon. En effet,
les jeux japonais ont une aura, un style reconnu à travers le monde
et auquel de nombreux joueurs sont encore attachés, même
s'ils reconnaissent les faiblesses des productions actuelles.
Tout le problème résidera donc dans
le dosage précis entre remise en question et maintient des
traditions.
C'est là qu'on en revient à Nintendo
qui, même s'il arrive à vendre ses machines de manière plus que
satisfaisante, a perdu toute considération de la part des gamers et
des fans de la première heure. Pour
certains joueurs, Nintendo n'existe plus, cette entreprise n'est
plus que l'ombre d'elle même et ne mérite plus la confiance des
joueurs. Il est quand même à noter que ses licences phares
se vendent toujours fort bien et que Nintendo, alias Big N,
reste le Number One du jeu vidéo japonais. Cependant, le malaise est palapable et pour
survivre, Nintendo a choisi de renier ses origines pour s'ouvrir à
un nouveau public. Et oui, c'est véritablement triste.
Mais certains ont essayé de prendre
exemple sur les jeux occidentaux. Et se sont méchamment viandés.
C'est le cas de Capcom avec le très attendu Resident Evil 6 qui est l'archétype de cette
tentative de faire comme tout le monde en essayant de faire plaisir
aux amoureux du jeu
jap'. Malheureusement, le fameux dosage n'a pas fonctionné
et le jeu peine à tenir debout, recèle beaucoup de faiblesses à
tous les niveaux et met en relief les
contradictions des jeux japonais mélangés aux jeux
occidentaux.
Pour continuer le cahier des charges,
on peut noter aussi un énorme retard
des japonais concernant les fonctionnalités online. Si le
XboX Live est payant, il a au moins le mérite d'être de meilleure
qualité que son homologue gratuit, le Playstation Network. De plus,
les jeux japonais ne sont pas taillés
pour le multijoueur et quand ils tentent de s'infiltrer dans
ce domaine, soit ce n'est que très discret (comparaisons de scores
en ligne), soit trop superficiel ou peu maîtrisé. Encore une fois,
il existe des exceptions, mais nous y reviendrons.
Le plus marrant, si je peux m'exprimer
ainsi, c'est que les Japonais scient la branche sur laquelle ils
sont assis. Les foyers au Japon
utilisent de moins en moins les consoles de salon au profit des
consoles portables, pratiques à utiliser dans les transports
en commun dans lesquels ils passent énormément de temps.
De plus, les joueurs jap' ne sont pas
ouverts aux productions occidentales, ce qui n'incite pas
les développeurs à se remettre en question puisque le marché
intérieur est très important. Et évidemment, les Japonais sont surtout friands de RPG et de
jeux typés arcade, de ce fait, les éditeurs ont du mal à
vendre certains jeux dans leur pays. Cette tendande s'illustre dans
la série Kingdom Hearts, qui n'en fini pas d'enchaîner les spin-off
sur consoles portables. Certaines licences continuent à bien se
vendre au Japon, comme Resident Evil, dont le sixième épisode a
fait de bons chiffres, mais pour combien de temps encore ?
Et voici l'instant coup de gueule :
FUCK APPLE ! Un des grands
fléaux de ce début de siècle est en effet Apple. En plus d'avoir
réussi à rendre indispensable ce qui est parfaitement inutile,
cette entreprise (secte ?) impérialiste, autrefois dirigée par un
mégalomane semi-divin, contribue à tuer le jeu vidéo avec ses
tablettes et smartphones en valorisant les jeux flash et le
dématérialisé. Les tablettes se
vendent mieux que les consoles portables et les gens préfèrent
jouer à Angry Birds plutôt qu'à Gravity Rush. C'est
malheureux quand même ! Bref, les
développeurs ont du mal à concurrencer ces supports qui n'offrent
pas le même type de loisir et contre lesquels ils sont
désarmés. Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est attendre que
la vague passe, si d'ici là le jeu vidéo tel qu'on le connait tient
encore debout. Si toute l'industrie vidéoludique est touchée,
les éditeurs japonais, qui sont déjà
assez fragiles, dégustent encore plus que les autres.
Un énorme problème subsiste encore et
toujours : les préjugés. Les Japonais sont cibles de préjugés assez
étonnants à l'heure de la mondialisation et bien entendu, le jeu
vidéo n'y échappe pas. J'ai déjà
voulu parler de jeux japonais avec quelqu'un et je ai été consterné
de voir qu'ils sont indissociables de ce genre assez populaire
qu'est le RPG. Et si ce n'est pas les RPG, ce sont les jeux
de plateforme 2D, à croire que la créativité atteint le niveau zéro
au pays du Soleil Levant. Il n'y a qu'à voir la culture
vidéoludique de notre ami archétype du bobo parisien, le
podcasteur Cyprien : elle se résume à
Mario, Zelda, Pokémon et Call of Duty. Trois séries jap'
ultra-populaires et un jeu pour pigeons. J'ai même rencontré des
gens qui pensaient que la série Resident Evil avait été créée par
Paul W. Anderson et ses films daubés... Si effectivement le RPG se
taille la part du lion dans les ventes de jeux au Japon,
il ne faut pas oublier des jeux tels
que Ico, No More Heroes, ou encore Okami qui ne sont absolument pas
des RPG mais qui sont représentatifs de la créalivité et du génie
japonais.
Voilà, nous avons à peu près fait le
tour de la question. On pourrait encore ajouter quelques détails,
comme la malchance de Sony qui se trouve au centre de hacks du PSN
assez violents et réguliers, les consoles Nintendo qui sont
désormais systématiquement en retard technologiquement parlant, les
ventes difficiles de la PSVita et de la 3DS (qui ont fini par
décoller tout de même) ou encore les jeux qui ne sont pas
commercialisés en dehors des frontières nippones. En gros, vous
l'aurez compris, la mule est chargée
et il serait presque tentant de donner raison à tous les trolls qui
prédisent la mort du jeu vidéo japonais. Mais, il convient de relativiser ces propos,
tout n'est pas aussi noir qu'il y parait, les Japonais ne sont
jamais en manque de savoir-faire et nous réservent encore bien des
surprises.
Culture nationale, ouverture et détermination : les atouts de la riposte.
Au Japon, ça sent le roussi, même pour
le jeu vidéo. Mais le peuple en a conscience et compte bien prendre
le problème à bras le corps. Le
défaitisme n'est pas permis et l'industrie vidéoludique
japonaise est actuellement en pleine remise en question tout en
continuant à rester fidèle à la culture du pays dont les traces ne
doivent pas disparaître de leurs productions. C'est ainsi que
ces temps-ci, certains jeux mettent
en avant le travail sur eux-même qu'ont réalisé les développeurs
japonais pour marier qualité, différence culturelle et efficacité
des ventes.
Une chose que les joueurs oublient
souvent, c'est que les jeux japonais,
s'ils se vendent moins bien qu'auparavant (sauf quelques
exceptions), il restent toujours acclamés par la critique.
Oui, certains subissent un accueil plus mitigé, mais dans
l'ensemble, la presse spécialisée est favorable à la plupart des
productions. Le problème des joueurs d'aujourd'hui, c'est
l'attachement aux chiffres de vente et à la note des tests. Un
13/20 peut signifier qu'un jeu est assez moyen, mais peut aussi
vouloir dire qu'un jeu est pourvu d'un excellent concept, digne
d'intérêt mais reste cependant imparfait pour diverses raisons.
Pourquoi passer à côté d'une
expérience qui change de la monotonie des jeux actuels ? Un
17/20, c'est bien, mais si il n'est que la représentation d'un
gameplay solide, mais vu et revu, c'est déjà moins intéressant.
Retenez bien qu'on peut faire dire ce qu'on veut aux chiffres et
que l'objectivité de la presse n'est qu'un idéal irréalisable et
indésirable (on veut des avis de joueurs, pas de robots incapables
de saisir l'âme d'un jeu). Sans oublier l'hypothétique théorie du
complot et de la corruption de la presse.
Une chose encore a l'air de passer sous
le nez des fatalistes, c'est que les
jeux japonais ont toujours leur public et il est toujours
conséquent. La presse ne parle
que des ventes en perte de vitesse, ils oublient de mentionner le
fait que ces dites ventes restent encore tout à fait honorables
! C'est d'ailleurs pour cette raison que l'utilité du reboot
de Devil May Cry m'échappe. C'est une série qui effectivement s'est
faite distancer par God of War, mais qui a toujours su trouver son
public (qui s'est élargit avec l'épisode 4). Ce reboot aura juste
pour conséquences de faire fuir les anciens fan...mais également
les nouveaux puisque le gameplay garde les mêmes tares qu'avant.
Ha, la stratégie commerciale chez Capcom... Désolé pour la
digression.
En parlant de Devil May Cry,
les japonais montrent en ce moment un
certain intérêt pour le savoir-faire occidental. Ce
mouvement d'ouverture se voit à
travers l'externalisation de certaines licences. Si cela a
souvent pour effet de mauvais mariages, parfois la magie opère et
la qualité des jeux s'en trouve décuplée. Bon, je dois avouer être,
comme beaucoup de gens, réticent à ce concept, mais cela reflète le
désir des japonais d'apprendre des développeurs occidentaux.
Dommage que l'inverse ne soit pas encore d'actualité, ça ferait du
bien à notre loisir favori.
D'ailleurs, certains développeurs et
éditeurs ont saisis l'importance de l'ouverture sur les productions
étrangères et le montrent, avec plus ou moins de succès. Prenons
l'exemple de Resident Evil 6 (encore lui !), même s'il est clair que Capcom ne maitrise pas la
recette du "shooter populaire", on sent bien sa volonté de
reprendre ce qui a fait le succès de certains jeux
d'aujourd'hui, comme Call of Duty ou Gears of War, pour ne
citer qu'eux. Comme autre exemple, on
peut également citer Lost Planet (encore Capcom, oui), une licence
plutôt intéressante, qui possède tous les codes du TPS occidental
mais qui garde le charme d'un jeu japonais (difficulté
élevée, boss classiques avec mouvements répétitifs et points
faibles proéminents, mechas, etc...). Lost Planet 2 est d'ailleurs
un jeu au solo bâclé basé essentiellement sur le multi online. Un
multi plutôt efficace selon les dires des joueurs, comme quoi faut
pas désespérer (mais faudrait quand même pas oublier le solo non
plus).
Restons le thème des licences pour
rappeler que certaines d'entre-elles
se portent toujours très bien. Je parlais des ventes de Resident
Evil, mais il y a aussi Pokémon, Dragon Quest, Mario ou Final
Fantasy qui continuent d'engranger pas mal de ventes à chaque
nouvel opus. En revanche, il faut bien admettre que
certaines séries commencent à montrer de sérieux signes de
faiblesses, à l'image de Silent Hill, fer de lance du
survival-horror, condamné à faire du hack'n slash sur une console
portable qui se vend mal. Pour en revenir aux choses plus joyeuses,
ces licences qui marchent permettront
aux développeurs, le moment venu, de nous montrer le fruit de leur
remise en question et ainsi, nous pourrons juger si ils ont été
capables d'apprendre de leurs erreurs. On peut être le plus
créatif du monde, sans fric, les concepts géniaux restent au
placard.
Un autre aspect à ne pas négliger est la
mode du Japon. En effet, le sushi c'est classe. Plus sérieusement,
le Japon, de nos jours, c'est
tendance et en laissant le temps faire son oeuvre, peut-être que
les gens s'intéresseront de plus près aux jeux vidéo
japonais au delà de Pokémon et Zelda. Le doute est largement
permis, mais les gens sont moins bêtes qu'ils n'y paraissent (si,
si, je vous jure) et si l'on couple
l'intérêt pour le Japon avec celui pour la culture Geek, il y a
moyen de faire revenir les jeux japonais sur le devant de la
scène.
Et puis tout simplement, soyons positifs
! Le vent peut toujours tourner. Avec un peu d'huile de
coude, de bonnes idées, des offres intéressantes et un contexte
favorable, tout est possible. L'industrie vidéoludique nippone est
loin d'avoir terminé son bonhomme de chemin et peut encore profiter de l'incertitude offerte par
l'économie libérale (comme quoi on peut trouver du bon même
dans le pire des systèmes).
Pour terminer, j'ai quelques exemples de jeux montrant une réelle
volonté de la part des développeurs japonais de s'adapter aux
nouvelles normes. Le premier me venant à l'esprit est le
pauvre Binary Domain, un Gears
of War-like édité et développé par Sega, connu pour ses doublages
français du niveau du premier MGS, mais dont la publicité a été
bien trop maladroite et sporadique. Dommage, c'est pourtant un très
bon TPS, solo et multijoueurs, qui ne méritait pas le bide
commercial. Ensuite, il me vient en tête l'excellent Vanquish, le Gears of War doppé au Red
Bull de Platinum Games qui est, à mon sens, le meilleur TPS de
cette génération. On peut aussi citer Dragon's Dogma, un
projet ambitieux de Capcom qui a voulu
copier les codes du RPG occidental. Il en est de même pour From
Software et les excellents Demon's
Souls et Dark Souls qui ressemblent fortement à des RPG
occidentaux, mais qui restent des expériences typiquement
japonaises et délicieusement old-school. On peut citer également
Bayonetta, beat'em all de
Platinum Games, qui est une sorte de Devil May Cry assoupli à
grands coups de God of War, mais qui arrive avec brio à dépasser
ses aînés, en terme de gamplay et de cohésion esthétique. Même
Kojima Productions montre ce qu'il sait faire avec l'excellent
Metal Gear Solid Peace Walker, qui a bénéficié d'une
adaptation à un plus large public et d'une ouverture au online qui
lui a été bénéfique, même si on peut lui reprocher d'être trop
facile dès qu'il s'agit d'infiltration. Sans oublier Resident Evil Revelations qui a osé
effectuer un retour aux sources couplé d'un remaniement du gameplay
assez intéressant.
Impossible n'est pas japonais !
Rien n'est joué. Il est clair qu'il y a
du pain sur la planche, mais tout est encore possible. Le chemin va
encore être long et douloureux, car rien n'est plus dur que de se faire détrôner
après tant d'années passées à dominer le marché du jeu
vidéo. Quand on apprend que les valeurs auxquelles on est
attachées sont désuètes, la chute est assez violente. Mais les
jap', ils ont la niaque, ils y croient et plus que jamais, c'est
leur talent qui va faire toute la différence. D'ailleurs, ce sont
leurs différences qui font leur charme. La disparition du jeu vidéo
japonais n'est pas souhaitable. Cela
m'attristerait de ne plus pouvoir jouer à des trips
délirants comme Shadows of the Damned ou Lollipop Chainsaw.
Le Japon, c'est aussi le dernier
bastion du old-shool, comme on en a eu l'exemple avec Sine
Mora, de Grasshopper, qui réintroduit le vieux concept du shoot'em
up en scrolling horizontal. Et puis, avec tous les projets alléchants qui se
profilent, on ne peut qu'espérer que les développeurs remontent la
pente. Metal Gear Rising : Revengeance, Metal Gear Solid
Ground Zeroes, DmC Devil May Cry, Killer is Dead, Bayonetta 2,
Resident Evil Downfall, tant de noms qui donnent envie d'y croire.
Le tout en attendant la prochaine
génération de console avec la PS4 (
ou PS
Orbis selon les rumeurs) qui, je l'espère, marquera un nouveau
départ pour le loisir vidéoludique japonais. Plus important
encore, la disparition du jeu vidéo nippon casserait la concurrence
et croyez moi, vous ne voulez pas laisser le monopole aux
occidentaux. Voilà, les Japonais, on croit en vous (ou en tout cas,
moi j'y crois), montrez à Microsoft et à Activision que vous êtes
les meilleurs (oups, j'ai trollé !). Plus sérieusement,
le Japon est un pays respectable qui
ne mérite pas tout ce qui lui arrive, catastrophes
naturelles, problèmes écologiques et déboires économiques. Même si
ce n'est pas un pays irréprochable (ben ouais, faudrait penser à
arrêter de chasser la baleine, à surpêcher le thon rouge et à
abolir la peine de mort, ça fait un peu tâche dans le décor tout
ça), je leur souhaite seulement de s'en sortir le plus rapidement
possible. Allez les Jap', courage et
merci de nous vendre du rêve.